Relève : histoire d’une création

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Les deux réalisateurs ouvrent le bal. À l’avant-première de « Relève : histoire d’une création » au MK2 Quai de Seine, Thierry Demaizière et Alban Teurlai remercient leur monteuse Alice Moine d’avoir trié les quelques deux cents heures de rushs de leur documentaire sur le chorégraphe Benjamin Millepied. Durant trois mois, les deux comparses ont filmé le quotidien du nouveau directeur de la danse de l’Opéra de Paris.

Fort de son succès critique et international, « Relève : histoire d’une création », d’abord diffusé sur Canal + en décembre dernier, connaît désormais une deuxième carrière en salles. Il n’y a pas à rougir d’un tel passage au grand écran, tant la qualité des images, le travail sur le son et la narration y trouvent leur place.

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Bouger les lignes

Au-delà de son image branchée et glamour — il n’est pas seulement marié à l’actrice Natalie Portman — Benjamin Millepied est ici mis à nu, mû par sa personnalité frondeuse, passionné par la création, porteur d’un véritable projet de transmission et de pédagogie, en dehors du lourd carcan de l’École de danse à la française.

Un mot revient souvent chez Millepied : « prendre du plaisir en dansant » comme une maxime à ses élèves, timides, dont il raconte, presque fâché, que certains tremblaient en lui parlant, formés à la danse avec la crainte du professeur et de l’institution toute-puissante. Ce film devient alors l’histoire d’une libération, alors qu’une troupe de danseurs est en train de naître où chacun a la possibilité de se révéler.

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Le geste libérateur

Mais il n’est pas aisé de vouloir bouleverser les règles dans une École de plusieurs siècles où la rigidité fait loi. Le danseur a grandit à la fois dans cet univers de rigueur et de discipline et vit une partie de son enfance à Dakar où il apprend d’abord la joie et le plaisir de danser. Ce désir de s’exprimer enfin,  c’est précisément cela que Millepied veut transmettre à la relève de l’Opéra, tandis qu’on leur a appris à rester invisible derrière leurs camarades par souci d’unité.

On comprend rapidement que le chorégraphe est avant tout un créateur habité par la danse et que le film se joue dans la création pure. Et des réalisateurs de s’emparer de ce geste libérateur en mariant les danseuses classiques en tutu à de la musique électro, en réécrivant un peu le ballet, avec leur propre musique, leur propre ralenti, leur propre lumière. La création chez Millepied est contagieuse : elle se partage avec le spectateur.

#TimeToEnjoy 5

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