Le rap old school de Star Trek

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Star Trek est de retour, après la série des années 70, la nouvelle série, la nouvelle nouvelle série, les films, les nouveaux films et les premiers films « rebootés » qui se déroulent dans un monde parallèle… que nous réserve Star Trek Sans Limites, le nouvel opus de cet univers en constante expansion ?

Sabotage des Beastie Boys, Fight the Power de Public Enemy

Justin Lin, le réalisateur du dernier film de la saga Star Trek, rend un joyeux et surprenant hommage au rap old school en lançant sur les ondes spatiales ces deux titres phares des années « terriennes » 90. C’est déjà porté par le son brut des Beastie Boys que le jeune James T. Kirk, en pleine crise d’adolescence, s’était échappé au volant de la voiture de sa mère pour sillonner les champs de l’Iowa, dans le premier volet de ces Star Trek rebootés, alors réalisé par J. J. Abrams en 2009.

Dans Star Trek Beyond, sorti en salles en France le 17 août dernier, sous le titre Star Trek Sans Limites, Justin Lin (J. J. Abrams officie maintenant à la production) récidive à coup de Public Enemy. Cet hommage au rap « old school » est à l’image du parti pris du réalisateur qui tente de revenir aux sources de la série, ce qui ne sera pas sans déplaire aux puristes, nostalgiques de la série originale. Ce rap miraculeux est toujours entendu à des moments-clés du film : lors de la révélation de Jayla et de la découverte du vaisseau qui va les aider dans leur fuite, ou lors de l’assaut final du trépidant et courageux Capitaine Kirk, dans une scène qui ressemble à s’y méprendre à une version 3D de Space Invader.

C’est bien l’ « old school » qui vient au secours de l’humanité.

Star Trek Sans Limites : nouveau rythme, nouveaux personnages

Ne vous y trompez pas, à aucun moment l’intrigue ne s’enlise dans ces retours nostalgiques. Les différents clins d’œil au passé, le nôtre comme celui des personnages, servent la construction d’un film qui donne un nouvel élan à la saga. Justin Lin a réellement réussi à donner un souffle nouveau à la franchise. Les personnages mythiques sont toujours présents : Spok (Zachary Quinto), Kirk (Chris Pine), Sulu (John Cho), Uhura (Zoë Saldana), Scotty (Simon Pegg), Chekhov (Anton Yelchin), Leonard McCoy (Karl Urban) et de nouveaux personnages apparaissent. On devine que ces nouvelles créatures aliens vont jouer un rôle important dans le ou les prochains films, à l’instar de Jaylah, interprétée par l’actrice franco-algérienne Sofia Boutella.

Le film a un rythme enlevé, les scènes d’action s’enchaînent sans jamais être assourdissantes et les répliques sont pleines d’humour. Star Trek Sans Limites est à n’en point douter plus léger que Star Trek Into Darkness, film précédent au cours duquel, est-il nécessaire de vous le rappeler, ce cher Capitaine James T. Kirk avait un temps perdu son travail et presque la vie.

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Sofia Boutella en Jayla

Kelvin Timeline

Star Trek Sans Limites doit certainement son côté enjoué au rôle de premier plan joué par Simon Pegg, qui en plus d’incarner Scotty à l’écran a coécrit le scénario avec Doug Jung. La force de ce film, et qui l’empêche de tomber dans un délicieux kitsch, c’est sa faculté à se moquer gentiment de lui-même et de ses spectateurs. Car après tout, c’est toujours un peu la même chose que l’on nous donne à voir dans l’univers Star Trek, pris nous aussi la fameuse Kelvin Timeline (du nom du vaisseau du capitaine Kirk père, George S. Kirk alias Thor/Chris Hemsworth qui fit une brève apparition dans le reboot de 2009 et dont le vaisseau est lié à la distorsion temporelle dans laquelle évolue désormais l’équipage).

Ainsi au début de ce 13ème film (le 3ème de la série des « reboot »), James T. Kirk confie sa lassitude à son starlog : explorer les confins de l’univers, à répétition, cela finit tout de même par devenir lassant. Mais c’était sans compter sur l’intervention d’un très, vraiment très méchant Bad Guy : Krall, et son essaim de vaisseaux meurtriers.

star-trek-beyond-character-poster-krallIdris Elba incarne ici ce personnage si cher à l’imaginaire nord-américain : le « rogue » (pensez Jason Bourne, Mission Impossible Rogue Nation et bientôt Star Wars : Rogue One…). Il y a 2 types de « rogue » : celui qui s’écarte du droit chemin à tort, et celui qui le fait à raison. Dans Star Trek Beyond, Krall a tort et c’est pour cette raison qu’il a de grandes chances de perdre, vous vous en doutiez, ce n’est pas vraiment un spoiler. Son sort sera scellé au terme d’un combat stratosphérique. Un autre classique du genre.

Les sommets de Yorktown ou les tours d’une orbitale ville d’Escher

Il est fréquent que l’agent de destruction s’échappe dans les hauteurs d’une ville, poursuivi par le sauveur de l’humanité, impatient d’écouter les raisons invoquées par le Bad Guy pour justifier ses actes odieux et sa soif de vengeance. Star Trek Sans Limites pouvait difficilement échapper à cette quasi-figure imposée des films d’action. Mais là encore, Justin Lin et son équipe de scénaristes et d’artistes digitaux ont réussi à contourner le cliché pour nous livrer des scènes époustouflantes, servies par l’architecture grandiose de la station Yorktown, base spatiale multi-gravitationnelle de la Fédération. Inspirée par les édifices de Dubai — où le film a en partie été tourné — et empruntant à l’univers du peintre Escher, Yorktown, création de Tom Sanders, avec ses voies d’eau, ses tours qui défient la gravité, ses ponts inversés, ses trottoirs en forme de rubans de Möbius marque un tournant dans la conception architecturale des mondes de Star Trek.

Sous la houlette de Peter Chiang, directeur des effets visuels du film, l’univers graphique de Star Trek connaît un incontestable renouveau, à l’image du nouveau design de l’incontournable distorsion (Warp Speed), marque de fabrique de la série, qui permet au vaisseau Enterprise de se propulser à une vitesse supraluminique.

Star Trek Sans Limites ou Star Trek Beyond est un blockbuster de l’été à ne pas manquer, distrayant et techniquement superbement réussi. Vous ne vous lasserez pas des virées dans l’hyperespace, des tours elliptiques de Yorkville dans leur bulle opalescente, de l’humour de Scotty, de l’histoire d’amour torturée de Spok et Uhura et surtout, de ce qui sera, on le sait désormais, un morceau de musique classique pour les guerriers du 23ème siècle : SABOTAAAAAAAAGE !

#TimeToEnjoy 2

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