Le Chien, la Nuit et le Couteau par le Munstrum Théâtre

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L’an dernier, je m’entretenais avec Louis Arene sur son parcours de comédien et ses futurs projets. Nous avions alors évoqué sa compagnie le Munstrum Théâtre et sa prochaine mise en scène Le Chien, la Nuit et le Couteau de Marius Van Mayenburg. J’ai assisté à une représentation de la pièce lors de leur passage au Théâtre de Vanves en janvier dernier. Le Chien, la Nuit et le Couteau est programmé au Festival Off d’Avignon cet été.

Une histoire torturée

Une nuit, M se réveille dans une ruelle sombre et inquiétante après une soirée entre amis. Il a oublié son identité et ne sait plus où il habite. M s’égare alors dans les profondeurs de la ville d’où surgissent des êtres menaçants. Le voilà confronté avec violence face à la peur, à l’amitié, à l’amour, à la mort et devra lutter pour sa survie.

L’adaptation du Munstrum Théâtre

Louis Arene propose une mise en scène finement réfléchie. D’une part, la scène bi-frontale immerge pleinement les spectateurs dans l’histoire et créé une sensation d’oppression autour du personnage principal.  Cette impression d’enfermement de M est accentuée par une lumière feutrée qui défini un univers inquiétant à l’esthétique futuriste et fantastique. D’une autre part, l’espace scénique oblong dessine le chemin auquel doit faire face M dans les profondeurs de la ville. Un chemin qui le mène vers ses peurs, un chemin initiatique qui doit le conduire du cauchemar à un rêve d’amour et de liberté. Le traitement burlesque de certaines scènes est judicieux, donnant au public l’opportunité de prendre une respiration dans cette plongée inquiétante et sombre au cœur de la nature humaine.

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Une pièce masquée

L’une des caractéristiques du Munstrum Théâtre est le recours aux masques qui trouvent ici une place maîtresse et influent sur la lecture dramaturgique. Les masques neutres de couleur chair déshumanisent les personnages qui, de ce fait, ne semblent ne pas avoir de personnalité propre.  M doit alors trouver sa voie vers la liberté loin d’une pensée unique et organisée. De même, par cette neutralité des visages, le spectateur est confronté à un effet de miroir qui facilite la projection de soi et l’identification. Comme dans un songe, les repères narratifs sont brouillés et la chronologie se fait floue, les péripéties et les personnages surgissant des ombres au fil de l’histoire. M et les spectateurs ont le sentiment d’une réalité confuse où les frontières entre le réel et l’imaginaire se confondent.

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En faisant face à ses peurs les plus intimes, dans un monde oppressant, M confronte les spectateurs à leurs propres monstres et les questionne sur les complexités de la nature humaine.

Le Chien, la Nuit et le Couteau du 6 au 26 juillet 2017 à 15h20
relâche les 12 et 19 juillet
La Manufacture (Festival Off d’Avignon)

Une pièce de Marius von Mayenburg Conception Lionel Lingelser et Louis Arene Mise en scène Louis Arene Dramaturgie Kevin Keiss

Avec Lionel LingelserFrançois PraudSophie Botte ou Victoire du Bois

Et des milliers d’autres sorties sur l’app, toute cette semaine et partout en France !


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Auteur : Pauline

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